8/03 2014

Assistants personnels : une histoire d’amour moderne

Le dernier film de Spike Jonze, intitulé « Her », raconte l’histoire d’un écrivain introverti et solitaire, Theodore Twombly, qui tombe éperdument amoureux d’un système d’exploitation révolutionnaire à intelligence artificielle.

Ce système d’exploitation, qui porte le nom de Samantha et doit sa voix à l’actrice Scarlett Johansson, fonctionne grâce à un logiciel sophistiqué qui permet à Theodore (joué par Joaquin Phoenix) d’organiser sa vie. Il peut même engager des conversations amusantes et sortir des blagues ironiques.

La comédie romantique postmoderne de Spike Jonze est une réaction au monde actuel où la relation homme-machine devient de plus en plus banale, et où les frontières entre la femme, l’homme et l’ordinateur sont floues.

L’intelligence artificielle est un concept majeur dans l’univers de la technologie, et la dernière tendance concerne les assistants numériques personnels, qui se présentent soit sous la forme d’un smartphone ou bien d’une appli disponible sur un téléphone ou une tablette. Mais tout comme la « wearable tech », il est encore difficile de savoir si ces outils constituent un effet de mode ou reflètent bel et bien l’avenir.

Samantha est peut-être capable de raisonner intelligemment et de faire preuve de logique, mais essayez par exemple de demander à votre assistant personnel numérique son avis sur l’œuvre du philosophe Jacques Derrida, et il est fort probable que vous vous retrouviez avec l’adresse du cinéma le plus proche.

Néanmoins, les assistants personnels numériques ne se contentent pas uniquement de permettre aux utilisateurs la transmission de commandes vocales pour mieux se faire comprendre. Généralement, ces assistants demandent aux utilisateurs de leur fournir une grande variété d’informations comme ce qu’ils aiment faire le soir, ou encore comment ils aiment s’occuper lorsqu’il fait beau. Cela peut donc inclure les hobbies, les habitudes de recherche en ligne, l’agenda, l’emplacement géographique et d’autres habitudes.

Le logiciel rassemble ensuite toutes ces informations pour proposer un service personnalisé qui répond aux demandes des utilisateurs et, avec un peu de chance, anticipe leurs besoins avant même qu’ils ne demandent quoi que ce soit, ou qu’ils ne savent quoi demander.

Par exemple, si les données météorologiques informent l’assistant que la journée s’annonce ensoleillée, l’utilisateur pourrait se réveiller et se voir proposer des actualités portant sur des activités locales à faire en plein air ou des itinéraires à pied. Si l’utilisateur a une réunion très importante, l’assistant fera en sorte de lui proposer un rappel.

Le dernier assistant personnel numérique en date est celui de Microsoft, dont le nom Cortana est inspiré du personnage « intelligent » développé par la firme de Redmond dans le jeu vidéo de science-fiction Halo.

Annoncé comme la réplique de Microsoft au Siri d’Apple et à Google Now, Cortana sera intégré à la version 8.1 de Windows Phone. L’ancien directeur général de Microsoft, Steve Ballmer, a décrit Cortana comme étant « profondément personnalisé, basé sur l’intelligence avancée et presque magique, dans notre cloud qui en apprend de plus en plus au fil du temps au sujet des gens et du monde ».

Grâce aux assistants personnels numériques, les firmes technologiques espèrent bien pouvoir faire émerger un nouveau phénomène. Toutefois, les sociétés devront se concentrer sur certains points clés afin de rendre cette technologie réellement intéressante pour tous.

Traduction

La traduction est essentielle pour permettre aux assistants personnels numériques de fonctionner en plusieurs langues. Alors que les entreprises cherchent à séduire de nouveaux clients à travers différents marchés, une stratégie développée uniquement en français ou même en anglais s’avèrerait être une approche insuffisante pour satisfaire les utilisateurs. Les firmes doivent parler la langue de l’utilisateur, que ce soit le chinois, l’espagnol, l’allemand ou encore l’italien. Toute traduction doit également être de haute qualité.

Améliorer la recherche vocale

La majorité des assistants personnels numériques rencontrent encore des difficultés à saisir certaines commandes vocales en anglais, donnant encore lieu à de nombreuses déformations hilarantes de commandes pourtant très basiques. Imaginez alors comment fonctionnent ces assistants par exemple en russe, langue qui contient une multitude de synonymes ? La technologie de recherche vocale devra donc être améliorée en devenant plus subtile et raffinée.

Plus humain, plus engageant

Trop souvent, les assistants personnels numériques proposent des réponses toutes faites sélectionnées à partir d’une liste de phrases préétablie. Certains utilisateurs se feront avoir, mais d’autres personnes sensées se rendront vite compte que l’intelligence artificielle sophistiquée proposée par les assistants n’est en fait qu’une base de données de réponses toutes faites, comparées de façon aléatoire aux commandes transmises par l’utilisateur. Les entreprises devront donc faire de gros efforts pour rendre leurs assistants personnels plus engageants, chaleureux et humains.