1/04 2016

Les conventions d’appellation autour du monde

Le concept d’appellation varie fortement selon les parties du monde. La notion de prénom attribué à vie est propre à l’Europe occidentale et à l’Amérique du nord, mais n’existe pas nécessairement dans les autres cultures.

La manière dont les gens se présentent, souhaitent être présentés, et le nombre de parties constituant leur nom varie d’un pays à l’autre. Cela affecte la façon dont vos clients et vos collègues souhaitent qu’on s’adresse à eux.

Plus concrètement, les conventions d’appellation compliquent également la tendance de personnalisation que les stratégies de marketing et communication adoptent aujourd’hui. Si vous préparez des formulaires que vos utilisateurs devront remplir, ou si vous vous adressez à eux de manière personnelle dans les communications marketing, il vous faudra être au courant des différentes conventions d’appellation existantes dans les différentes régions et cultures à travers le monde.

L’utilité essentielle des deuxièmes prénoms

Certaines parties du monde préfèrent la simplicité et l’efficacité lorsqu’il s’agit de choisir des prénoms.

Au Royaume-Uni, beaucoup de personnes ne possèdent qu’un prénom et un nom de famille. Elles ont parfois un deuxième prénom qui n’est cependant pas souvent utilisé, il s’agit plutôt d’une solution de secours bureaucratique dans le cas où certaines personnes auraient le même prénom ou nom de famille. Mais dans d’autres pays, on peut donner plusieurs prénoms à un enfant, certains d’entre eux étant aussi importants et utilisés que le premier pour distinguer cet individu.

Au Costa Rica, ainsi que dans de nombreux autres pays, une tradition très répandue veut que l’on réutilise le même prénom au sein d’une même famille, que ce soit entre différentes générations ou au sein d’une même génération.

Ainsi, trois filles d’une même famille costaricaine peuvent s’appeler Maria. Cela signifie que les deuxièmes prénoms deviennent de plus en plus importants, et seront même souvent utilisés comme prénom principal au quotidien.

Au Royaume-Uni, c’est l’inverse qui s’applique. En effet, rares sont les personnes qui utilisent leur deuxième prénom. Il est peut-être inhabituel pour des cousins au Royaume-Uni de connaître leurs deuxièmes prénoms respectifs, mais au Costa Rica, ceux-ci peuvent s’avérer cruciaux pour faire la distinction entre plusieurs membres d’une famille portant le même prénom.

Le nombre de parties dans un même nom

Posséder un nom en plusieurs parties est une pratique très répandue dans des pays comme le Portugal et l’Espagne, où la plupart des gens possèdent deux prénoms et deux noms de famille (celui de la mère et celui du père).

Dans certaines régions du Nigeria, les enfants ont tendance à avoir des noms en trois parties. La première partie est le prénom personnel, appelé l’oruko. Le deuxième prénom qui leur est donné, l’oriki, ou prénom de louanges, exprime les espoirs placés en l’enfant. Par exemple, le prénom Àrik, très commun, signifie « être pourri gâté ». Le troisième prénom, l’orilê, est celui qui rattache l’enfant à sa famille ou à sa communauté. Plus tard, il est également possible que l’enfant accumule d’autres prénoms plus informels de la part de sa famille ou de sa communauté.

A Bali, il est courant de nommer les enfants selon l’ordre de naissance (ex : Komang, pour le troisième enfant) et de se passer de nom de famille, même sur les documents officiels. Par conséquent, un grand nombre de personnes possèdent le même nom, ce qui peut prêter à confusion.

Les Islandais ont également tendance à placer l’accent sur l’utilisation de leur prénom plus que sur n’importe quel autre. Le nom de famille Islandais est composé du prénom de l’un des parents (généralement celui du père) suivi de l’ajout de –sson pour un garçon ou –sdóttir pour une fille.

Un homme s’appelant Björn Jónsson peut appeler son fils Hafthór Björnsson, mais ce dernier aura tout de même tendance à être appelé par son prénom Hafthór que ce soit de manière formelle ou informelle. L’annuaire téléphonique en Islande est organisé par prénom et s’appuie sur les professions pour faire la distinction entre les personnes portant le même prénom.

Les noms de familles

En Argentine et en Espagne, la tradition voulait que les femmes prennent le nom de famille de leur mari en y ajoutant la préposition « de ». Ainsi, Ana Karina Blanco deviendrait Ana Karina Blanco de Romero en se mariant avec un homme appelé Juan Marcos Romero. De nos jours, les jeunes générations font preuve de nettement moins d’enthousiasme à l’égard de cette approche possessive du nom, mais elle est toujours utilisée, notamment chez les femmes plus âgées.

Les hispanophones qui ont deux noms de famille souhaiteront généralement être appelés par le premier. Par exemple, on fera formellement référence à Maria Valeria Perez Martin en tant que Señorita Perez, et non Señorita Martin.

Les conventions d’appellation inattendues

La convention d’appellation qui est peut-être la plus difficile à accepter pour les occidentaux est celle selon laquelle un prénom n’est pas nécessairement attribué à vie.

Dans un pays où la bureaucratie est établie dans les règles, les noms sont habituellement attribués à vie et procéder à son changement n’est pas un événement anodin car cela nécessite de passer par de nombreuses formalités administratives. Dans d’autres parties du monde, les personnes changent de prénom à certaines étapes de la vie, comme par exemple le passage à l’âge adulte.

Dans les sociétés à faible niveau de bureaucratie, où il y a peu de documentation à changer, il est très facile de procéder à un changement de prénom. Il arrive que certaines personnes changent leurs prénoms également pour d’autres raisons.

En Chine, il est fréquent d’adopter un prénom plus occidental à l’entrée à l’université ou pour un mariage, souvent à des fins carriéristes.

L’ordre des noms n’obéit pas toujours aux attentes occidentales. Les noms chinois peuvent prêter à confusion pour les Occidentaux de par l’ordre dans lequel ils sont donnés. Le nom de famille de Wen Jiabao est ainsi Wen, et son prénom est Jiabao. Si l’on s’adresse à lui de manière formelle, on peut alors l’appeler « Wen Jiabao xiān sheng » qui équivaut à « Mr Wen Jiabao ».

Certaines personnes chinoises plus âgées ont des noms générationnels, un deuxième prénom partagé par tous les frères et sœurs de la famille. En raison des nombreuses années sous la politique de l’enfant unique, cette pratique est désormais moins courante. D’autres pays asiatiques suivent cette même tradition consistant à mettre le nom de famille en premier suivi par le prénom. Cela reflète la façon dont le nom serait écrit sur une page : de droite à gauche.

La Thaïlande, quant à elle, possède ses propres particularités en ce qui concerne le nom des enfants. En raison d’une ancienne croyance selon laquelle les esprits essaieraient de voler ou de faire du mal aux enfants d’une certaine façon en utilisant leur vrai prénom, il est courant que les enfants thaïlandais soient appelés par un surnom donné beaucoup plus que leur « vrai » prénom. C’est ainsi que des Thaïlandais peuvent être amis de longue date sans même connaître leurs prénoms officiels respectifs. Le surnom est presque toujours composé d’une longue syllabe et pas toujours très majestueux. « Aod », signifiant têtard, en est un exemple répandu.

Le facteur dans le web design

Bien que l’on conseille en général de localiser chaque site pour la culture à laquelle il est destiné, votre formulaire sera probablement utilisé par un public international car les gens voyagent autour du monde mais conservent leurs conventions d’appellation.

Construire de la manière la plus flexible possible est la clé. Par exemple, avez-vous réellement besoin de demander à votre audience de donner deux noms ? Vous n’avez également pas besoin de restreindre votre public à n’en donner que deux.

Certains noms peuvent être extrêmement longs, gérez donc la limite de caractères avec précaution.

Il est également recommandé de permettre à vos utilisateurs d’ajouter des accents et d’enregistrer leurs informations en utilisant le codage des caractères approprié.

Gardez à l’esprit que bien que vous puissiez communément écrire les noms dans un certain style, celui-ci n’est pas conventionnel partout dans le monde. Certains utilisateurs s’attendent parfois à donner leur titre professionnel. Les utilisateurs américains inscrivent souvent la première lettre de leur deuxième prénom tandis qu’ailleurs, le deuxième prénom est donné dans son intégralité.