28/12 2013

Les langues sans présence numérique survivront-elles ?

Une étude menée par Andras Kornai de l’Académie hongroise des sciences indique qu’Internet pourrait accélérer la disparition des langues qui ne sont pas présentes de façon significative sur le web.

L’étude est basée sur ce que Kornai a appelé « l’ascension numérique », c’est-à-dire l’usage d’une langue sur Internet et son utilisation fonctionnelle à travers un site de e-commerce ou la communication.

Il existe actuellement près de 7 000 langues actives dans le monde, avec l’une d’entre elles qui disparait toutes les deux semaines environ. Alors que près de la moitié des langues restantes devraient disparaitre d’ici la fin du siècle, 2 500 sont actuellement considérées comme « en voie d’extinction».

Les recherches de Kornai lui ont permis d’estimer que seulement 5% des langues survivront à la numérisation de la société.

Dans son rapport, Kornai fournit cette description détaillée des raisons pour lesquelles les langues disparaissent du monde numérique :

“A l’heure du numérique, les signes de disparition d’une langue revêtent les caractéristiques suivantes :

  1. Perte d’usage : Internet touche désormais tous les domaines, de la communication quotidienne (envoi de messages, d’e-mails) aux domaines commercial et politique.
  2. Perte de prestige auprès d’une population : « si ce n’est pas sur le web, ça n’existe pas ».
  3. Perte de compétences : la capacité à faire émerger des locuteurs de la langue.

L’ascension numérique est le processus inverse, par lequel une langue améliore sa présence et sa popularité en ligne pendant que les locuteurs concernés acquièrent de plus en plus des compétences numériques.”

Tout cela démontre la nécessité pour votre entreprise de traduire votre contenu vers l’une des langues les plus utilisées sur Internet à savoir l’anglais, le chinois, l’espagnol, le japonais, le portugais, l’allemand ou encore l’arabe. Une traduction de qualité dans l’une des ces langues doit être effectuée par un traducteur expérimenté dans le domaine concerné.

L’article de recherche de Kornai fait également allusion à la prédominance des communautés sur le web dans des langues telles que le catalan, qui compte seulement 10 millions de locuteurs. Malgré le peu de personnes l’utilisant comme première langue, le catalan dispose d’une communauté en ligne dévouée et très active sur Wikipedia, considéré comme indicateur de popularité d’une langue dans l’univers du web. Près de 1 600 éditeurs catalans actifs contribuent à préserver « Viquipèdia », dans le même esprit qu’un projet de conservation de patrimoine. En revanche, le piémontais, encore parlé par deux à trois millions de personnes en Italie, manque cruellement de présence numérique, mettant ainsi son avenir en question.

Une menace réelle aux langues dont les locuteurs deviennent ou sont déjà naturellement bilingues se pose. En effet, il n’apparait pas nécessaire que leur langue soit présente en ligne, puisque les locuteurs peuvent utiliser l’autre langue plus répandue sur le web.

Chacune des 7 000 langues a une importance pour ses communautés, puisqu’elle véhicule une histoire et une culture. Il est trop tôt pour affirmer qu’une langue véhiculaire homogénéisée pour Internet est une bonne chose, dans un contexte de forte identité et de tradition.