16/02 2014

Renforcement de l’apprentissage des langues régionales et de l’arabe

Le ministre de l’Education nationale français Vincent Peillon a réaffirmé jeudi dernier l’importance de l’apprentissage des langues régionales ainsi que de l’arabe en France.

L’enseignement de l’arabe dans les écoles françaises

En déplacement à Aix-en-Provence, le ministre a signé au lycée Paul Cézanne une convention entre le ministère et l’Institut du monde arabe, dont le conseil d’administration est actuellement présidé par l’ancien ministre socialiste Jack Lang. Le choix du lycée aixois n’est pas anodin puisque celui-ci propose une section expérimentale de langues et cultures méditerranéennes.

Selon Vincent Peillon, « l’arabe est une langue de sélection dans les grandes écoles », et une demande « dans le milieu économique ». Le ministre a également ajouté : « ce n’est pas un ghetto pour quelques uns, mais une chance pour tous ».

L’arabe est en effet la deuxième langue la plus parlée en France, et les échanges commerciaux entre la France et les pays de l’autre côté de la Méditerranée restent considérables. Fin 2013, la France a par exemple retrouvé sa place de 1er partenaire commercial du Maroc, qu’elle avait perdue fin 2012 au profit de l’Espagne.

Le gouvernement a également annoncé sa volonté de « doubler les sections orientales dans les trois ans qui viennent, et réinscrire des postes au Capes et à l’Agreg ».

Vers un renforcement de l’alsacien

C’est également dans ce contexte de volonté de renforcement des langues non-officielles que la ville alsacienne de Saverne, dans le Bas-Rhin, a approuvé cette semaine la Charte européenne des langues régionales.

La ratification de cette Charte avait été promise par François Hollande en 2012, et réclamée depuis longtemps par les défenseurs des langues régionales notamment en Alsace, en Corse ou encore en Bretagne.

On compte près de 600 000 locuteurs du dialecte alsacien sur 1,8 million d’habitants dans la région. Certaines écoles privées sont encore bilingues, et on dénombre plusieurs centaines d’écoles publiques paritaires, selon l’Association pour le bilinguisme et l’Office pour la langue et culture d’Alsace (OLCA).

Bien que la Charte des langues régionales n’ait pas encore été officiellement ratifiée par la France, « rien n’empêche les collectivités locales d’approuver par un vote les dispositions qui les concernent directement », a expliqué Jean-Marie Woehrling, président de l’Association Culture et Bilinguisme d’Alsace-Moselle.

Concrètement, l’approbation de cette charte devrait permettre aux habitants de la commune alsacienne de s’adresser directement aux employés de la mairie en alsacien, et d’accéder d’ici fin 2014 à des formulaires rédigés en allemand. L’alsacien pourra également être utilisé lors des réunions du conseil municipal.